Emboîtant le pas à des mesures qu’avait prises l’Algérie …. en 2013, Valls souhaite désormais diriger l’action du gouvernement vers les mosquées et leur éventuelle infiltration, même si certes le mot n’est pas prononcé.
Dans une interview publiée vendredi par Le Monde, Manuel Valls s’est ainsi déclaré favorable à une suspension temporaire du financement de la construction de mosquées en France par des fonds en provenance de l’étranger.
« Il faut une remise à plat et inventer une nouvelle relation avec l’islam de France », a-t-il ainsi déclaré après l’attaque survenue dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray et celle qui a fait 84 morts le 14 juillet à Nice.
« C’est bien un nouveau modèle que nous devons bâtir » a-t-il par ailleurs indiqué. Ajoutant : « je souhaite, notamment, que les imams soient formés en France et pas ailleurs. Je suis favorable à ce que, pour une période à déterminer, il ne puisse plus y avoir de financement de l’étranger pour la construction des mosquées. »
A l’heure actuelle, le culte musulman doit aujourd’hui obtenir de nombreux soutiens en vue de financer une mosquée. Si ,les fidèles représentent 80% du financement des salles de prière, les pays du Maghreb et du Golfe interviennent, eux, à hauteur de 10 à 15% dans les constructions. Enfin, l’État contribue lui aussi au financement, via des procédés administratifs permettant aux collectivités de donner des subventions pour la construction de bibliothèques ou d’école de langue contenues dans les mosquées, dans un certain manque de transparence.
Mais, le problème le plus important est lié aux frais de fonctionnement des mosquées, et notamment la mise à disposition d’imams. « C’est sans doute à travers ces imams que le poids de la puissance étrangère est le plus important », explique Hervé Maurey, sénateur UDI, auteur d’un rapport publié en 2015 sur le financement du culte musulman. Lequel préconise de s’intéresser davantage au « fonctionnement au quotidien à travers les imams, dont on ne sait pas très bien ce qu’ils prêchent » et qui, selon lui, « mériterait d’être encadré ».
Le Premier ministre estime sur ce point qu’il faut être « intraitable avec les mises en cause de la laïcité, les idéologues intégristes, et tous ceux qui, sous couvert d’un discours fondamentaliste, préparent les esprits à la violence. » « Le salafisme n’a pas sa place en France (…) Il appartient donc à l’islam de France de réagir. Tous les citoyens ont un rôle à jouer et les musulmans, aussi bien sûr, dans la lutte contre la radicalisation« , a-t-il ajouté.
Manuel Valls rejoint ainsi la position de certains imams français, selon lesquels certains imams formés à l’étranger ne parviennent pas à capter l’attention des jeunes fidèles, situation favorisant leur récupération à la sortie des mosquées, par des prêcheurs aux doctrines extrémistes.
Des propos gouvernementaux qui semblent enfin s’attaquer au cœur du problème et qui s’inspirent en partie de politique menée par nos voisins maghrébins.
Ainsi, alors que l’Algérie semblait constituer le point central de la stratégie militaire US au Mali et au Sahel, et que François Hollande avait lui -même reconnu « le rôle très important » d’Alger dans la crise malienne, l’Algérie avait pris le taureau par les cornes … tentant d’éviter une montée des extrémistes qui pourrait être « ordonnancée » par des puissances soucieuses d’y mettre le chaos pour mieux y régner en divisant. Et ce, à quelques mois des élections présidentielles algériennes prévues en 2014.
Le ministère algérien des Affaires religieuses avait ainsi alors cherché à définir le rôle des mosquées sur le territoire algérien. But affiché : contrer les idéologies extrémistes. Les moyens ? Via une formation des imams, afin, nous dit-on qu’ils soient en mesure de mieux comprendre les exigences d’aujourd’hui. Mais également de recentrer ces religieux – dont le l’influence est non négligeable sur faits et pensées des populations – sur les vraies valeurs de l’islam. Histoire que la religion ne soit pas récupérée voire infiltrée par d’éventuelles contrées, lobbies et autres puissances enclins à utiliser cette arme du 21ème siècle comme une véritable « propagande » pouvant servir leurs intérêts (politiques mais surtout économiques ..).
Ainsi, les autorités algériennes affichaient haut et clair leur volonté d’éliminer l’idéologie extrémiste des lieux de culte et protéger ces derniers de l’influence des partis politiques et des organisations communautaires. Cela a le mérite d’être clair … Il avait alors été également interdit aux partis politiques et autres organisations de prêcher ou de discourir au sein des mosquées. Cela signifiant que de telles pratiques étaient admises jusqu’à lors … avec toutes les dérives que cela peut engendrer.
Un projet de loi portant sur les organisations religieuses avait pour cela été rédigé par le gouvernement algérien. Le texte indiquant que toute organisation pourra être dissoute en cas « d’interférence dans le travail des responsables des mosquées et des écoles coraniques ».
Une manière de combler le vide législatif qui, au début des années 1990, avait permis au FIS, aujourd’hui dissout, « de contrôler les mosquées et les soi-disant organisations humanitaires », affirmait alors quant à lui l’universitaire Ilham Saadi. Ajoutant que le FIS « avait transformé les mosquées algériennes en agences de recrutement pour des milliers de terroristes qui étaient manipulés par des pseudo-imams prêchant la haine envers tous ceux qui ne partageaient pas leur vision politique ».
Selon l’édition du 8 janvier 2013 du journal Echourouk, Ada Fellahi, adjoint du ministre des Affaires religieuses, avait mis en garde quant à lui contre l’infiltration pratiquée par les salafistes au sein des mosquées, soulignant qu’ils «ont bénéficié à ce jour d’une grande marge de manoeuvre ».
Le ministre algérien des Affaires religieuses Bouabdallah Ghlamallah avait parallèlement indiqué que « les lieux de culte doivent reprendre leur mission première ». Ajoutant lors d’un séminaire organisé à Alger le 1er janvier que « les mosquées doivent incarner l’unité de la nation, dans le sens où elles représentent le chaudron dans lequel se forge ce qui est la nature de la société ». Estimant que les imams « doivent être cultivés et conscients du rôle qu’ils assument dans la transmission du message éducatif de la mosquée, instillant les valeurs humaines et spirituelles aux jeunes ». « En Algérie, les imams font partie intégrante de la nation, et c’est pourquoi ils doivent se montrer soucieux du respect envers les autorités sociales et travailler en harmonie avec toutes les autres institutions d’état », avait-t-il poursuivi.
Première étape : assurer une meilleure formation à ces religieux, ces derniers devant ainsi « évoluer conformément aux développements et aux changements sociaux ». L’objectif étant de former les imams à appréhender « les réalités de la société dans laquelle ils vivent, pour qu’ils soient mieux à même de contrer les partisans de l’idéologie fondamentaliste ».
Message encore une fois on ne peut plus clair …
Sources : Presse algérienne, AFP, RTL
Elisabeth Studer – 29 juillet 2016 – www.leblogfinance.com
A lire également :
. Sénégal : l’Islam manipulé pour déstabiliser le gouvernement, voire provoquer le chaos ?